La subprime

La subprime est un crédit risqué, fondé sur une pratique très développée dans les pays anglo-saxons: le crédit hypothécaire. Celui-ci consiste, pour un particulier, à emprunter en donnant ses biens immobiliers en garantie, quelque soit l'usage du prêt. Le subprime est apparu dans les années 80 aux Etats-Unis avec le développement des nouvelles techniques financières fondées sur la variabilité des taux et la titrisation. Le mot subprime vient de "prime" rate qualifiant les emprunteurs de première qualité, sans risque et de "sub", qualifiant des emprunteurs de moindre qualité, donc plus risqués. Les prêteurs sont des banques locales ou des organismes de crédit spécialisés (par ex. en crédit immobilier).Les crédits à la consommation (ex. les crédits sur cartes de crédits) relèvent des mêmes techniques. Le calcul du prêteur se fonde sur la hausse continue du prix de l'immobilier.

Pratiqués surtout depuis les années 90, ces crédits ont connu une forte expansion à partir de 2004, encouragés par la politique de taux bas de la Réserve Fédérale. Les taux directeurs étaient alors de 1% pour atteindre plus de 5% en 2007.Les familles endettées se sont alors trouvées en difficulté pour payer leurs mensualités.

Les organismes prêteurs, face au développement de ces crédits, ont fait appel aux marchés financiers interbancaires, grâce à la titrisation des créances sur leurs clients. Celle-ci consiste à les regrouper par lots de 1500 prêts sous forme d'obligations ABS (Assets Backed Securities ou oblgations adossées à des actifs) vendues sur le marché financier grâce à la garantie d'un rehausseur de crédit. Des banques, des fonds de pension, des Fonds Communs de Placement(FCP), des assureurs et sans doute des entreprises ont acheté ces obligations et les ont intégrées dans la composition des produits offerts à leurs clients sous forme de produits dérivés. Elles ont mélangé les ABS avec les CDO (Collateralized Debt Obligations) Les titres ont ensuite été échangés entre banques au gré des anticipations spéculatives de s opérateur. Les subprimes ont ainsi "contaminé "l'ensemble du système financier, à la manière de métastases.

En septembre 2006 le marché immobilier se retourne aux Etats-Unis. La saisie des immeubles accélère la chute des prix et la vente des maisons ne suffit plus à rembourser l'organisme prêteur. Le marché des obligations ABS est arrêté début 2007.Les organismes prêteurs ne rentrant pas dans leurs fonds, ne peuvent rembourser les titres émis sur les marchés financiers. Des banques, assureurs et autres acheteurs se sont trouvés en manque de trésorerie. Certaines, fautes de réserves suffisantes, n'ont pu absorber leurs pertes et sont devenues insolvables. Le doute est apparu entre banques.

En 2007, ce doute s'est renforcé. Les banques ont cessé de se prêter entre elles. Certaines ont rencontré des problèmes de solvabilité. Elles ont commencé à diminuer les crédits aux entreprises, aux familles, leurs clients. Le doute, déjà présent en raison de la prise de conscience des nécessaires changements de mode de vie consécutifs à la raréfaction des matières premières, et de la pollution, à la mondialisation, s'est accentué. La consommation s'est ralentie. La récession est apparue.

Nous avons des leçons à tirer de cette expérience :

L'on ne prête pas à des personnes qui ne peuvent rembourser, pour ne pas aggraver leur situation. Les familles concernées ont droit à se loger décemment. La solution n'est pas le crédit, mais l'aide au logement social.
Le marché de l'immobilier est cyclique: les arbres ne montent pas jusqu'au ciel. Les paysans le savent! Les modèles mathématiques l'ignorent !
Les banques, assurances et autres financiers qui ont racheté les titres se sont contentés des "notations" par les sociétés de cotation. La garantie des "rehausseurs" de crédit ne dispense pas ces banques d'examiner leur situation. La perte de contact avec l'emprunteur atténue le discernement. La relation personnelle avec le client reste déterminante.
Les faits sont têtus: la créativité des financiers et technologies nouvelles a été admirable au cours des 30 dernières années. Mais elle nécessite du temps pour être "assimilée" par les acteurs économiques !

Retour à l'article "La crise financière 2008"