II - L'effet « domino »

La dissémination des "crédits titrisés pourris" dans les bilans des banques a eu un effet métastase tardivement détecté, difficile à localiser.

Lorsque les emprunteurs américains ont eu des difficultés pour rembourser leurs banques, celles-ci se sont trouvées en défaut pour rembourser les titres émis sur les marchés financiers. Les banques, fonds de pension et de placements, assurances n'ont pas recouvré leur argent et, à leur tour, se sont trouvées en difficulté. Les plus solides ont absorbé les pertes, les plus fragiles ont été défaillantes. Cette défaillance a été longue à déceler car les titres avaient changé de mains, étaient disséminés dans tout le système à la manière de métastases. Il est possible qu'il y ait encore des surprises jusqu'à l'échéance des contrats en cours. L'argent perdu, même issu de la spéculation, n'est plus disponible !

III - La crise de confiance

La perte de confiance est aussi irrationnelle que l'excès de confiance. Les deux échappent aux modèles mathématiques

Le doute s'installe alors dans l'esprit des opérateurs des salles de marchés qui ne peuvent plus accorder leur confiance aux sociétés de cotation, ni à leurs partenaires bancaires ou financiers. L'on ne prête qu'à coup sûr. Ainsi les établissements qui ont besoin de trésorerie se trouvent, pour certains, en cessation de paiements, même si leurs fondamentaux sont solides (Fortis, Dexia,...) Dans ce cas ils sont rachetés par d'autres banques ou par des états. Sinon, elles sont acculées au dépôt de bilan, dramatique pour leurs clients, ce qui explique les garanties de dépôts données par les états pour des montants variables selon les pays, pour éviter la banqueroute aux déposants.

Une autre conséquence se manifeste dans le comportement des banques vis-à-vis de leurs clients particuliers, entreprise, professionnels, ou même publics : elles durcissent leurs conditions de prêts, augmentent les taux, exige plus d'autofinancement et de garanties, et diminuent ainsi les volumes de crédits mis à la disposition de l'économie, tant pour l'investissement que pour la consommation. Il est vrai que les entreprises déjà fragiles avant la crise sont les plus menacées.

La croissance est en cause. La récession, constatée lorsque le Produit Intérieur Brut régresse pendant deux trimestres consécutifs, touche déjà certains pays. La dépression, marquée par une chute durable et profonde, du PIB n'est pas officiellement envisagée à ce jour.

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