Guadeloupe : les causes du malaise

Ouest-France vendredi 13 février 2009

M. Louis Pilard, courriel :

« Le commentaire de Michel Urvoy (OF. du 12 février) met le doigt sur les causes profondes du malaise de l'Outre-mer. J'ai vécu quatre ans et demi en Guadeloupe comme dirigeant d'une banque. J'ai découvert une population laborieuse, intelligente. Elle vit les difficultés de l'insularité qui justifient à elles seules une aide adaptée, comme l'on sait le faire pour les régions pénalisées par leur situation géographique, ou par leur manque de ressources naturelles. A condition que l'on considère que le marché n'est pas le seul régulateur de la vie locale. Les Guadeloupéens, par exemple, sont attachés à la terre, mais il n'y a plus d'agriculture, car trop de gens ont intérêt à importer les produits agroalimentaires depuis la métropole : les grandes surfaces, les importateurs et les collectivités territoriales, qui perçoivent le fameux « octroi de mer » sur les importations et non sur les productions locales.

Il y aurait beaucoup à dire sur l'équilibre économique de cette région, trop souvent considérée comme un appoint indispensable lors des consultations électorales nationales, vite oubliée ensuite. La départementalisation fait de la Guadeloupe une part du territoire national dont les habitants méritent les mêmes attentions, les mêmes droits et les mêmes devoirs que les métropolitains. Le mélange d'affairisme et de colonialisme en vigueur ne peut aboutir qu'à des conflits ».